Concert audiovisuel

subassemblies

 

Ryoichi Kurokawa

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© Bruno Destombes

​Ce qui prime dans les œuvres de Ryoichi Kurokawa, c’est le rapport entre le sonore et le visuel. L’artiste japonais considère les deux éléments comme deux vecteurs d’un tout : ils se développent ensemble et finissent par se rencontrer.

 

Sur ce principe d’hybridation des sens, le concert audiovisuel subassemblies interroge la relation entre la nature et les structures artificielles au travers du prisme de l'architecture.

 

Le projet trouve ses sources visuelles dans des images des forêts, de bâtiments et de ruines reconstituées à partir de données 3D obtenues par balayage laser, de relevés thermiques et d’images filmées. Ces visuels sont déformés puis reconstruits en modules (ou sous-ensembles), ce qui a pour effet de renouveler la chronologie acceptée de l'histoire et les (dés)ordres établis, tout en révélant simultanément les forces de la nature et de l’art.

Sam 27.02

Horaires:

Ouverture des portes: 20:00

Show: 20:30

Durée:

45'

Âge:

À partir de 16 ans

Lieu: 

Grande Salle (Rotonde 1)

Tarif: 

Prévente:

≤26: 8€

>26: 12€

Caisse du soir:

≤26: 10€
>26: 15€

Attention : Cet événement utilise des lumières stroboscopiques susceptibles de causer des désagréments allant jusqu’à des troubles épileptiques chez les personnes photosensibles.

 Site web de Ryoichi Kurokawa

▸ Ryoichi Kurokawa sur Vimeo

Interview avec Ryoichi Kurokawa

Ryoichi Kurokawa​

L’artiste japonais Ryoichi Kurokawa (né en 1978 à Osaka, résidant et travaillant à Berlin) est un véritable poète du cinéma transformatif. Il transpose de manière presque lyrique des représentations analogiques de la nature telle que nous la percevons en des flux digitaux emplis d’émotions et d’images à couper le souffle.

 

Ces flux sont élaborés à partir de fragments d’images synchronisés avec précision et sensibilité. Dans un éclat de luminosité, la mémoire rétinienne s’en trouve momentanément perturbée.

 

Les œuvres de Ryoichi Kurokawa sont ancrées dans la notion d’hybridation : entre l’analogique et le digital, le temps et l’espace, le tout et le fragment, le simple et le complexe, le réactif et le contemplatif, le sonore et le visuel.

 

Parmi ses expositions, performances et installations permanentes majeures, on peut citer : Coder le Monde, Centre Pompidou (France, 2018); The Dream Of Forms, Palais de Tokyo (France, 2017); One of a Thousand Ways to Defeat Entropy à la 54e Biennale de Venise (Italie, 2011); Synthesis, Tate Modern (Royaume-Uni, 2007), etc.

 

subassemblies a été montré à travers le monde, notamment à Ars Electronica (Autriche), TodaysArt (Pays-Bas), Scopitone (France), Mutek (Canada) and Mutek JP (Japon).

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© Bruno Destombes

Crédits

 

Concept, direction, composition, programmation : Ryoichi Kurokawa / producteur : Nicolas Wierinck / coproduction: LOXOSconcept (Matera 2019), MUTEK, Scopitone/Stereolux, TodaysArt / produit par Studio Ryoichi Kurokawa

 

subassemblies fait partie d’un projet plus large intitulé s.asmbli / subassemblies, composé d’une version concert, d’installations, d’impressions (sculptures) et d'une projection.

Note d’intention

 

L’esthétique de la conversion

 

L'œuvre de l'artiste japonais Ryoichi Kurokawa s'inscrit dans une tendance, aux contours multiples et que l'on pourrait qualifier d'esthétique de la transcription ou de la conversion, qui traverse l'histoire de l'art depuis près d'un siècle.

Depuis une quinzaine d’années, de nombreux artistes du numérique créent des installations (dans des formats sensoriels, sonores ou visuels) et des concerts audiovisuels afin d’intéresser les spectateur∙rice∙s aux données numériques. D'autres, dans une perspective plus synesthésique, cherchent à mettre en valeur le concept de signal, soit en permettant une visualisation des signaux sonores à l'aide de machines, soit en transformant des images en sons (volontairement abstraits et géométriques) grâce à des calculs par ordinateur. Cette vague a débuté dans les années 1920 à une époque où de nombreux∙ses artistes tentaient de donner naissance à des œuvres visuelles qui, par le mouvement, l'abstraction, la géométrie et parfois par des figures concrètes, semblaient se calquer sur la dynamique de la musique. On compte parmi les pionniers de cette approche Walter Ruttman, Hans Richter, Viking Eggeling et Lazio Moholy-Nagy. Au cours des dernières décennies, grâce au pouvoir de la musique visuelle, Oskar Fischinger, Len Lye et Norman McLaren ont exploré certains de ces principes.

 

De la fin des années 1960 à la fin des années 1980, les artistes ont eu accès à des équipements informatiques et vidéo dans des laboratoires, studios et institutions dédiés à la recherche et à la création. Les idées initiées par l'avant-garde du début du 20e siècle bénéficièrent d’un second souffle. On vit émerger les films et vidéos (parfois sous la forme d'études) de John Whitney, Ed Emshwiller et du duo Steina & Woody Vasulka explorant le territoire de l'abstraction, tandis que ceux des cinéastes Robert Cahen et Gary Hill étudiaient les limites de la représentation et du langage.

Depuis ses premières œuvres créées au milieu des années 2000, Ryoichi Kurokawa suit le même processus de travail : il déforme (à l'aide de logiciels) des images et des sons qu'il enregistre lui-même sur le terrain, dans des espaces urbains, par exemple. Transformé numériquement, le matériau source s'éloigne progressivement de sa forme originelle, gagne en abstraction et révèle un univers visuel et auditif tout en teintes et en tons, parfois poétique mais le plus souvent dynamique, animé de légères convulsions et de pulsations hypnotiques. Aussi technologiques et innovantes qu’elles puissent paraître, ses œuvres sont l’émanation d’une réalité très concrète et, a fortiori, de la nature environnante que l’artiste considère « d’un point de vue non pas romantique mais plutôt formel » et dont il s’inspire des structures et des mouvements.

Son travail est souvent influencé par les nombreux∙ses artistes et artisan∙e∙s japonais∙es qui, dans les domaines de la calligraphie, de la poésie, du théâtre et de la danse, optent pour un rapport volontairement animiste à la nature et à ses rythmes, ses formes et ses saisons. Toutefois, l’originalité de l’approche de Kurokawa vient de la préférence de l’artiste pour une approche plus scientifique qu’historique.